• Stéphanie Robert

le désenchantement et notre responsabilité

« Si nous avons tant besoin, aujourd’hui, d’une éducation qui réconcilie la biosphère et la sociosphère, l’humain et le non humain (dans la perspective de ce « parlement des choses » de Bruno Latour, 1991) et la multitude de nos ancrages, milieux de vie et habitats avec la Nature vivante, c’est bien parce que le dualisme nature et culture n’est pas tenable, ni viable non plus. Mais comment les habitants pourraient-ils être solidaires de leur habitacle, si celui-ci a été désenchanté ? Il faut prendre au sérieux cette question du désenchantement car elle est au cœur du dispositif idéologique de l’ensemble du déploiement occidental. »

- Mohammed Taleb


Le sociologue allemand Max Weber parle de désenchantement au début du XXe siècle (Entzauberung) lorsqu’avec l’arrivée de la modernité, les éléments de la Nature sont dépouillés volontairement de tout caractère sacré dans le but précis de répondre à des besoins de croissance économique. La Nature s’est ainsi vue déconstruite, démembrée, considérée comme étant extérieure à nous, humains, et donc libérée de notre responsabilité envers elle, résultant les dérives que l’on connait.


Nous sommes ce que nous sommes grâce au contact avec les dessins du paysage, grâce à la constitution biologique, minérale et chimique de l’humus, grâce à la vie qui circule dans les plantes, grâce au mouvement des saisons. Nous sommes constitués des mêmes atomes, de la même énergie. Nous existons grâce à la Terre et au travers. Nos cultures, nos paradigmes, nos espoirs ne seraient rien et ne seront rien sans elle.

Je crois fermement que cette Terre doit être notre premier focus et le filtre de toutes nos décisions. Pour honorer son importance, il sera essentiel de redéfinir notre relation - réenchanter notre lien - à elle.


Pour ma part, je souhaite participer, humblement et à ma hauteur, à la récupération de toute une dimension de notre identité qui se perd à vive allure depuis 100 ans à cause de cette déconnexion à la Nature. De par ma sensibilité traduite par la création, je tente d'ouvrir une porte d'écoute véritable. Celle qui permet un dialogue sincère, un accueil nécessaire. Une porte de contemplation, généreuse.