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  • Stéphanie Robert

les estampes de Kumano


Je retrace notre pèlerinage grâce à ces estampes qui marquent des lieux précis sur le Kumano Kodo. Sur la route ancienne de plus de 1000 ans, de petits temples parsèment les pas des pèlerins. Chacun une histoire, ils relatent les temps anciens ou saluent des divinités bouddhistes et de petites stations d’estampillage y sont installées.

Nous avons emprunté la route Nakahechi sur plus de 70 kilomètres dans les montagnes japonaises, à l’heure de l’hiver.


J’aime les notes manuscrites, les étampes, le papier. J’aime colliger les vieux cahiers, les vieilles photographies, les découpures de vieux journaux dans les brocantes, les librairies. Dans ces papiers, il y de l’information qui souvent n’existe nul part ailleurs.

Il y a là l’écriture d’une histoire. Chaque trait a jailli d’une intention et c’est elle qui est conservée. C’est une énergie, une volonté de mémoire, de garder le souvenir d’une idée ou d’une information. Les traces disent quelque chose à tout coup.

Les estampes japonaises que j’ai recueilli sur le chemin ancien sont uniques. Elles s’inscrivent dans un moment précis et ne seront pas reproduites.


C’est donc une petite guerre avec moi-même pour utiliser ces artéfacts dans mes créations. Le collage de ces éléments inscrit une valeur certaine aux oeuvres qui les accueillent et cette technique m’est chère. Sauf que pour l’instant, la peur que l’oeuvre en question ne soit pas à la hauteur et ne rende pas hommage à l’unicité de ces matières précieuses me garde de cette étape finale.


Mon temps de création est gorgé de moments de contemplation et de réflexion. J’en ai besoin pour que lorsque je décide de déployer des gestes, ils soient confiants.

Plus ils sont confiants, plus le résultat est juste.

J’observe depuis plusieurs points de vue dans l’atelier et mon intellect joint ses forces à mon senti. C’est une conversation incessante que je ne coordonne pas, que je démarre pas, qui se fait de soi. J’observe les formes, les couleurs, les effets, je ne cherche rien. Je peins.

Ce laisser aller de l’esprit et du mouvement me rappelle ce que j’enseigne dans mes classes de yoga. Observer sans juger, accueillir, offrir.


Je ne sais pas encore ce que je ferai avec les estampes. Les conserver soigneusement, tenter de les reproduire, les découper et m’en détacher. J’ai une petite idée. Mais je vais y réfléchir encore.

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